La réalité de la culture du cacao au Ghana : rencontre avec M. Paul Antwi

Ce témoignage fait partie de la collection « Histoires de producteurs de cacao de l'ETA » avec des producteurs de la région de Bono au Ghana. Il contribue à notre campagne de sensibilisation.Le chocolat Equal Trade a meilleur goûtL'équipe d'Equal Trade au Ghana s'est rendue à Atronie, une ville proche de Sunyani, pour rencontrer des producteurs de cacao et partager leur réalité. L'objectif de ce projet est de sensibiliser le grand public aux conditions de vie des producteurs de cacao, de renforcer la crédibilité et la légitimité de la mission de l'ETA et de notre campagne.

Notre quête de témoignages de producteurs de cacao a débuté au Palais Atronie, près de Sunyani, dans la région de Bono au Ghana, où nous avons sollicité l'autorisation du chef pour mener des entretiens avec les producteurs locaux. À notre arrivée dans la communauté, M. Paul Antwi, un producteur expérimenté et membre respecté de la communauté, nous a présentés au chef, obtenant ainsi l'approbation du chef, étape essentielle. Ce dialogue avec le chef avant de poursuivre notre mission a démontré notre respect de la tradition et de l'autorité, essentiels pour gagner la confiance des producteurs.

Chef de la ville d'Atronie

En quittant le palais, M. Antwi est devenu à la fois notre guide et notre conteur. Nous avons marché près d'une heure sous un soleil de plomb, sans pourtant atteindre la ferme. À mi-chemin, nous avons eu du mal à suivre M. Antwi, nous demandant comment cet homme, bien plus âgé que nous, ne semblait pas affecté par la distance ni par la chaleur. Et à le voir avancer, nous étions encore loin de notre destination. Nous nous sommes rappelés que ce n'était que le chemin vers la ferme, et non le travail agricole lui-même. Cette longue marche a mis en lumière les difficultés physiques que les cultivateurs endurent au quotidien. En chemin, nous nous sommes présentés à M. Antwi, qui a commencé à partager son histoire et son expérience du quotidien de cacaoculteur.

Travail acharné, faible revenu

M. Antwi a raconté comment il a commencé l'agriculture très jeune aux côtés de son père, alors qu'il était encore à l'école. Cependant, des difficultés financières l'ont contraint à abandonner ses études et à se consacrer à l'agriculture à plein temps. Depuis 1979, il consacre sa vie à la cacaoculture. L'agriculture est un métier qui exige discipline et dévouement. Pourtant, malgré de longues journées de travail, les revenus de la cacaoculture suffisent à peine à subvenir aux besoins essentiels. Nous sommes confrontés à de nombreux défis : les engrais organiques sont chers, mais essentiels pour maintenir les sols et les plantes en bonne santé. Nous avons besoin d'argent pour investir dans des outils afin d'accroître la productivité de la ferme. M. Antwi a expliqué que l'inégalité de rémunération des producteurs de cacao aggrave le cycle de vulnérabilité aux mauvaises récoltes, ce qui se traduit par une baisse encore plus marquée des revenus et une insécurité financière.

Nous nous sommes assis sur un banc en bois qui bénéficiait d'un peu de fraîcheur et d'ombre grâce aux nombreux cacaoyers, où M. Antwi a partagé un dilemme troublant.Récemment, des mineurs m'ont proposé d'acheter mes terres agricoles pour y mener des activités minières. Même si ces terres appartiennent à notre famille depuis de nombreuses années, j'y réfléchis sérieusement. La pression financière pour joindre les deux bouts rend la culture du cacao de plus en plus difficile, et cette offre m'aiderait à subvenir aux besoins de ma famille, même temporairement.

Une communauté d'agriculteurs à Atronie

Améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs grâce à un commerce équitable

Malgré ses difficultés personnelles, M. Antwi a exprimé son espoir dans le travail accompli par l’Equal Trade Alliance.L'Alliance pour un commerce équitable reconnaît les inégalités du système actuel. Nous travaillons jour et nuit pour vendre des fèves de cacao aux fabricants. Si nos produits leur permettent de générer des milliards, nous n'avons que peu de ressources pour survivre. Un commerce équitable améliorerait considérablement la vie des agriculteurs comme nous.".

À la fin de notre conversation, nous avons remercié M. Antwi pour son temps. Son histoire, comme tant d'autres, a mis en lumière l'urgence d'un changement systémique dans la filière cacao. Les producteurs comme M. Antwi sont l'épine dorsale du commerce mondial du chocolat, et pourtant, ce sont souvent eux qui en bénéficient le moins.

À la fin de notre entretien, nous avons ressenti le profond sentiment d'avoir à cœur de faire entendre sa voix et celle d'autres personnes comme lui. Leurs histoires ne parlent pas seulement de difficultés, mais aussi de résilience et d'espoir d'un avenir plus équitable. Grâce à des initiatives comme Equal Trade, nous pouvons commencer à combler ce fossé et à créer une industrie qui valorise le travail acharné des agriculteurs et veille à ce qu'ils reçoivent leur juste part des bénéfices.


Le fossé entre les agriculteurs et les entreprises chocolatières est flagrant. Comment l'industrie peut-elle générer des milliards chaque année alors que des agriculteurs comme M. Antwi gagnent à peine de quoi subvenir à leurs besoins essentiels, scolariser leurs enfants ou investir dans des produits agricoles durables ? Combien d'années faudra-t-il encore pour comprendre que nous, les consommateurs, pourrions être plus responsables du problème que nous le pensons ? Plaidons pour le changement, défendons l'égalité des chances dans le commerce.


L'Alliance pour un commerce équitable propose une solution. Rejoignez-la, partagez votre histoire d'agriculteur grâce au #equaltradecocoa et suivez-nous sur les réseaux sociaux. 

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